Dévoilement

de la Sainte Epine
de la Couronne du Christ



SENS
Les lieux saints

Le voyage en Terre Sainte était une tradition de ma famille. Ici, le meilleur esprit est celui de la prière. Il y a la foi, il y a le mystère. Oui, les lieux sont comme les autres. Tout autour, c’est comme partout : des cris et des bruits, les gens qui se contentent de vivre.

Alors se comprend mieux l’incarnation et par surcroît la nature humaine.
J’ai rejeté la Jérusalem imaginaire des livres d’enfance. Je redécouvre la vraie Jérusalem. La Terre Sainte m’apprend que toute la Terre est sainte.

Chaque lieu saint est entouré dans un double reliquaire, l’un humain et dur, l’autre doux et divin. Le premier reliquaire, c’est la pierre des églises.
Le second reliquaire, c’est l’entourage, le ciel, le sol, le profil, le site.

Mais il ne faut pas oublier une troisième enveloppe, invisible : la messe et les prières continues, et l’humble piété des plus humbles. Par elles, le Christ commémore son sacrifice sur tous les lieux où il a été fait et le réédite substantiellement.

Que voudrait-on de plus ?
Qu’attendez-vous d’extraordinaire ? C’est ce qu’il faut redire à son cœur.
Le Christ, on ne le touche que par l’esprit et la claire pensée, le reste, ce ne sont que des images.

Les mêmes signes peuvent aveugler et éclairer, je crois qu’on y trouve plus de lumière que de ténèbres.
A condition, cependant, qu’on veuille bien imaginer humainement les choses humaines, qu’on n’exige pas de la splendeur dans les apparences.

Jean GUITTON, «Terra Santa, 1935»
philosophe et écrivain français, membre
de l'Académie française et de l’Académie
des sciences morales et politiques.
Né le 18 août 1901 à Saint-Étienne