Dévoilement

de la Sainte Epine
de la Couronne du Christ



SENS
La Croix

Le Christ guérissant des infirmes, ressuscitant des morts, etc., c’est la partie humble, humaine, presque basse de sa mission.
La partie surnaturelle, c’est la sueur de sang, le désir insatisfait de consolations humaines, la supplication d’être épargné, le sentiment d’être abandonné de Dieu.
L’abandon au moment suprême de la crucifixion, quel abîme d’amour des deux côtés ! « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Là est la véritable preuve que le christianisme est quelque chose de divin. Pour être juste, il faut être nu et mort.

Dieu s’épuise, à travers l’épaisseur infinie du temps et de l’espace, pour atteindre l’âme et la séduire. Si elle se laisse arracher, ne fut-ce que la durée d’un éclair, un consentement pur et entier, alors Dieu en fait la conquête.

Et quand elle est devenue une chose entièrement à lui, il l’abandonne. Il la laisse complètement seule.
Et elle doit à son tour, mais à tâtons, traverser l’épaisseur infinie du temps et de l’espace, à la recherche de celui qu’elle aime. C’est ainsi que l’âme refait en sens inverse le voyage qu’a fait Dieu vers elle. Et cela, c’est la croix.

Les dimensions de la charité du Christ, c’est la distance entre Dieu et la créature.
La fonction de médiation,
par elle-méme,
implique l’écartèlement...
C’est pourquoi on ne peut concevoir la descente de Dieu vers l’homme ou l’ascension de l’homme vers Dieu sans écartèlement.

«La pesanteur et la grâce»
Simone WEIL (1909 – 1943)
Normalienne, agrégé de philosophie,
militante syndicaliste

Dans les années 33 et 34 elle donne des conférences au cercle d’étude organisé à la bourse du travail de Saint-Etienne Huguette BOUCHARDEAU disait d’elle :
« sa forme de spiritualité est capable de donner sens à toute existence et cohérence à toute société »