Journées Européennes
du Patrimoine 2015

Le Patrimoine pour quoi faire ?

Puisque nous y sommes, évoquons l’Eglise Sainte Marie de la Visitation.
Nous n’en aborderons pas l’aspect historique, ce n’est pas le sujet du jour (une présentation en sera faite du reste le 11 octobre à l’occasion d’un concert).

Sainte Marie de la Visitation est un monument protégé. A la suite d’une action soutenue de l’association ARCO auprès de la Direction Régionale Culturelle.
Elle a été inscrite Monuments Historiques en 1993. Le hasard fait parfois mal les choses, le jour même où l’église Saint Joseph à Monthieu a été démolie.

Depuis deux ans et demi Sainte-Marie est honoré de la présence de la Sainte Epine de la Couronne du Christ.

Cette Sainte Epine a été détachée par Saint Louis lui-même de la couronne à de son arrivée en France. Au même moment il l’adressa avec un manuscrit à la Cathédrale du Puy.
Elle faillit disparaitre avec son manuscrit dans le tourbillon révolutionnaire, fort heureusement un abbé BORIE parvint à la sauver, les tribulations de son ministère l’amenèrent à St-Etienne où elle se trouve depuis 200 ans.
Nous sommes très heureux qu’elle ait pu faire l’objet d’une mise en valeur avec la création d’une vitrine forte et une présentation complète de son histoire et du sens de cette relique.
Mais, il faut toutefois signaler que cette éminente relique, son précieux manuscrit et le remarquable reliquaire d’Armand CAILLAT ont été en 2012, à deux doigts de quitter St-Etienne pour toujours !
Le 14 août de cette année, nous avons reçu une délégation italienne d’habitants de la ville d’Andria. En effet Andria comme Saint-Etienne dispose d’une Sainte Epine (la leur fut offerte par Saint Louis à son neveu). Les membres de cette délégation étaient très émus de pouvoir se recueillir, comme ils le font chez eux, autour de la Sainte Epine de Saint-Etienne.
La Sainte Epine d’Andria fait l’objet d’une grande dévotion et reçoit de nombreux visiteurs.

Autre aspect,
Outre sa belle élévation architecturale, l’église se caractérise par son décor pictural néo-byzantin. Une seule partie lui manque, le décor de la Chapelle de Notre Dame de Bon Secours.
Ce décor a été supprimé à la suite d’une intervention malheureuse des services techniques de la ville. (À l’époque le monument n’était pas protégé)

Aujourd’hui une souscription de mécénat est ouverte qui a recueilli d’ores et déjà 30 % du montant de la restitution de ce décor, l’ancien architecte des bâtiments de France avait également donné son accord pour apporter les 15 % de l’Etat.
Même si les montants en cause sont relativement modeste au regard de l’importance du monument, n’espérons pas voir mettre en œuvre cette restitution dans les jours à venir.

Voilà,
- Nous avons vu que dans le cas des Calvaires Bretons et du Monastère de Brou. La dernière étape de mise en valeur était de penser au Grand Public de manière à ce que celui-ci puisse saisir, notamment avec les techniques actuelles la réalité architecturale et historique des lieux.
- Nous avons aussi compris que pour espérer obtenir l’admiration d’un Monument,
il faut commencer par l’admirer soi-même
- Nous devons peut-être aussi souscrire à l’affirmation du Philosophe Frantz FANON :
« Chaque génération doit dans une relative opacité découvrir sa mission, la remplir ou la trahir »
- et, certainement à celle de notre valeureux Pape François :
« le Patrimoine historique est une base pour construire la ville. Il faut prendre soin du paysage urbain, des signes qui accroissent notre sens d’appartenance, notre sensation d’enracinement, notre sentiment d’« être à la maison »,
dans cette ville qui nous héberge et qui nous unit.» ( Encyclique LAUDATO SI’)

Finalement les exemples, présentés dans ce bref exposé, n’ont pas vocation à répondre péremptoirement à la question titre, mais d’apporter quelques pierres (si je puis dire) au débat que j’ouvre maintenant,
Qui veut intervenir ?

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