Journées Européennes
du Patrimoine 2015

Le Patrimoine pour quoi faire ?

Qu’en est-il de Saint-Etienne ?
Il y a dix ans Saint-Etienne possédait encore un Monument d’Intérêt Européen :
La Manufacture Impériale d’Armes. Qu’en avons-nous fait ? Nous avons démoli toute la partie inaugurale du site : Ecuries, Châteaux des directeur, Jardins à l’anglaise, Cour d’honneur.
Ceci en prenant le prétexte de la réalisation de la Cité du design. Il a été démontré que cette Cité du design pouvait parfaitement s’implanter sur ce site si vaste sans mettre en cause l’intégrité de l’ensemble. Aujourd’hui si on a quand même pu obtenir la protection de quelques bâtiments, bien malin celui qui pourra en s’y promenant ressentir ce qu’a été ce magistral ballet industriel, alors poumon économique de la ville, édifié au milieu du XIXe siècle.

Autre exemple, combien de stéphanois sans parler, bien entendu d’hypothétiques visiteurs extérieurs savent qu’il existe en cœur de ville un Bourg Médiéval ?
Aucun repère n’est mis en place pour identifier les limites (tours et remparts) de ce Bourg Médiéval, ni raconter d’une manière ou d’une autre son histoire.
Pourtant, au centre de ce bourg se trouve deux Monuments protégés, l’un inscrit La Grand’Église Saint Roch-Saint Laurent , l’autre classé, la Demeure Renaissance de Claude CHAMONCEL dite plus banalement Maison François 1er.

> Pour la Grand’Église, elle abrite un Musée ignoré d’œuvres pictural classées ? Sa pièce majeure était un tableau du XVIIe siècle du peintre Laurent de LA HYRE. ( La Présentation de la Vierge au temple) Qu’est-il advenu ? Ce tableau a été transporté à l’église de Terrenoire, et auquel on a rajouté, après restauration une magnifique peinture XVIIIe de Jean RESTOUT. Précisons que l’Eglise de Terrenoire est toujours fermée.

> En ce qui concerne la Demeure Chamoncel, dite François 1er, rien ne laisse penser qu’elle puisse bénéficier d’un usage largement ouvert au Grand Public.

Bien d’autres édifices pourraient être réhabilités pour s’intégrer dans une découverte de ce Bourg Médiéval. Nous sommes à peu près dans la situation de Bruges en 1970.

Le deuxième monument classé de Saint-Etienne est le site Couriot, nous en sommes fièrs et nous avons raison. Pour autant on peut se poser la question, même après avoir fait un grand effort de la restauration de trois salles, sommes-nous à l’optimum de la présentation au Grand Public ? Le Président des Amis du Musée estime que non. Il propose depuis des années que soit mise en place lors de la visite de la galerie une simulation d’un coup de grisou. De même, dans la salle dite « la figure du mineur », auraient pu prendre place deux documents cinématographiques qui apportent une véritable dimension humaine au métier de mineur.
- d’une part la séquence de l’enfant mineur qui rentre chez lui pour se faire laver par sa mère
- d’autre part une scène de mineurs jouant sous la douche. Par ailleurs, sur un plan plus général, on peut s’interroger sur la raison qui a fait mettre de côté la thématique centrale du site, c'est-à-dire celle de l’Energie.
Vous le savez le Bassin minier du Nord de Pas de Calais a obtenu son inscription au Patrimoine de l’humanité en 2012. Lorsque le dossier était en cours de montage la question a été posée de l’opportunité pour Saint-Etienne de s’associer à ce dossier UNESCO, la réponse a été : C’est sans intérêt. Et pourtant, et pourtant, le Bassin Houiller de la Loire a été, pendant un demi-siècle, le premier producteur d’Energie en France.

Par ailleurs, Saint-Etienne comporte un Monument aux caractéristiques uniques.
Il s’agit de la Croix de mission édifiée en haut de la Colline des Pères à la suite d’une mission intérieure Elle est unique pourquoi ? Parce qu’au moment de sa construction en 1895, l’activité métallurgique est en pleine expansion. l’architecte a utilisé le mode constructif EIFFEL et la production industrielle locale de l’époque.
De plus il s’agit de la plus haute Croix chrétienne de France puisqu’elle culmine à 25 mètres de haut, avec un Christ en fonte dorée qui pèse 2,3 tonnes.
C’est vraiment à la suite d’une action acharnée qu’on a évité que soit réalisée au pied de ce monument à fort potentiel, l’installation d’un parking privé interdisant tout accès au public.